Ô rat ô rat musqué ohé ohé

 Dans mon long célibat de 2008 , je m’évertuais à résister à l’idée de m’envoyer en l’air avec le premier connard venu … égo surdimensionné peut-être ou exigence due à mon passif d’élève studieuse dans mes recherches, jusqu’au jour où… j’ai revu mon jugement.  Pression sociale et manque de sexe évident.

Un peu comme si tout le monde bouffait et que tu crevais la dalle.

J’ai donc décidé un jour de grand froid de céder à la tentation de la « facilité » et du concept du « fast food ». De façon plus littéraire, je pourrais vous dire que c’était comme acheter un Profil de l’œuvre de Chrétien de Troyes aka «  le Chevalier de la Charrette » et d’en lire juste les deux premières pages de résumé. C’est dire comme c’est moche, et je sens que je vous ai déçus, mais c’est vrai  j’n’avais pas lu l’œuvre sur laquelle je suis tombée au BAC ! – j’ai eu 13 ! Et je n’ai sucé personne !

La facilité est-elle un mal en soi? #vousavezdeuxheures

Bref, à force de ne rien trouver sur ma route, l’hiver rigoureux arrivant à grands pas, sachant surtout que je ne voulais pas briser en moi cette petite flamme bleue secrète qui frétillait sur un refrain de Céline « l’Amour existe encore », j’ai décidé de mieux regarder autour de moi…

Bon bah j’avais des potes.

Petite sélecta rapidos, et c’était clair comme de l’eau de roche, la playlist était réglée : ce serait Basile.

Évidemment il ne s’appelait pas vraiment Basile – Dieu merci – mais il avait cette même tête de rat, regrattier à museau chafouin et à la queue pelée, qui, il est vrai, autrefois m’avait donné envie d’être son petit cube de fromage « Meule d’or ».

Très bizarrement, j’ai toujours regardé mes potes, ou les potes de mes potes, et aussi des mecs qui n’étaient pas encore mes potes, des bons potes, des cons potes… La famille Andros au complet, avec tout le pantone des parfums chimiques et édulcorés; j’en trouvais certains vraiment vraiment beaux gosses et d’autres très vifs d’esprit – oui hélas jamais les deux en même temps…

Inutile de vous dire qu’il y en avait que je trouvais… « sympas » ; et c’est peut-être la raison qui a fait que je n’en voyais aucun qui puisse être un potentiel mec ou plan Q pour moi. Et pourtant c’eût été plus « facile » certainement ; puissè-je être capable de discernement dans mon/mes choix.

Ainsi, un jour de gel, un Gel-di, j’ai commencé à me mentaliser moi-même sur un mec que je connaissais… ok, vite fait. Mes copines trouvaient qu’il était « hy-per drôle » et espéraient probablement en secret qu’à nous deux nous nous produirions au Comedy Club dans 10 ans et qu’elles rentreraient gratos et en VIP. Si Dieu le voulait bien…

Se mentaliser sur quelqu’un ça signifie quoi : ça signifie s’auto-persuader de trucs et créer dans sa tête une histoire qui évidemment n’existe pas ! Ma technique d’utopie a été plutôt « merdique-ment » efficace en la matière ! Ce mec, comme tout raton qui a la dalle, baisait tout ce qui bougeait, ou ne bougeait pas d’ailleurs. Et oui, et vous le saviez sans aucun doute, la souris chicote ! Je m’étais interdit d’être attrapée moi-même telle la souris verte qui courait dans l’herbe et de finir en escargot tout chaud… Non, je refusais d’avoir une croix dans le dos et mon nom sur la liste de Basile le détective privé en quête de proies faciles, et ce,  bien que mes copines nous voyaient comme le couple potentiellement gagnant de l’île de la tentation n°2027, j’avais dit NON.  Et c’était NON.  Hélas, les problèmes ont commencé ainsi.  Évidemment à ce moment là de l’histoire, vous ne comprenez pas pourquoi et c’est bien normal. Mais voilà, je suis une fille. Et comme une toute petite quiche que je puisse être, le NON c’est bizarrement OUI !  C’est un peu compliqué je le concède, on en parlera un autre jour, si vous le voulez bien. On est quand même pas en psychanalyse !

Double mentalisation donc + uppercut, j’ai commencé à kiffer mon « pote vite fait », celui qu’à la base je ne voulais pas, et ce, tout ça justement parce que je n’en voulais pas.

Dinguerie !

J’ai commencé à me dire que mes copines avaient peut-être raison au fond… C’est vrai qu’il était drôle… C’est vrai qu’il était pas mal … Putain, c’est vrai qu’il m’excitait le Basile… humm petite séance X en mode « Basile ‘Instinct » ! J’m’en fous moi aussi j’allumerais une clope assise sur son bureau, les cuisses légèrement entre-ouvertes , laissant percevoir une absence de « tanga »,  des bas de petite coquine et une épilation pas dégueulasse du tout.  Alors évidemment, à force de le visualiser comme mon futur toyboy, j’en devenais totalement obsédée. Mon vibro « Louis »  avait été mis au placard afin de ne me donner entièrement qu’à Basile dont j’étais déjà quasi-amoureuse ! Incroyable, non ? La magie du cerveau féminin : Aimer simplement en imaginant ce qu’on pourrait faire subir à l’autre.

Je suis donc passée à l’attaque. 3615 Domina.

Technique : aucune.

De mon point de vue donc, j’ai très vite oublié la réalité pour m’inventer une vie d’amour intense avec mon nouveau challenge, que j’imaginais déjà fou amoureux d’moi lui aussi ! A nous le Comedy Club ! Les gens nous trouveraient géniaux, beaux, amoureux, fous… pour deux mille ans.

Attendez, on oublie quand même un truc important, c’est que mes copines, elles y croyaient… Elles me le vendaient tellement ce mec, que je ne pouvais que succomber et leur faire plaisir – comme en quatrième que tu sors avec un gars dégueulasse parce que ta meilleure pote te dit qu’il est trop mais trop sympa et qu’ « il t’aime tellement ». J’ai jamais compris pourquoi j’avais embrassé ce mec – victime juste pour faire kiffer ma pote …

Bon évidemment, ici, dans mon histoire, le mec ne voulait rien du tout, vous vous en doutez. Pire, il me trouvait « sympa » ! L’angoisse ! C’est à dire qu’à ce moment là, sympa devient juste la pire insulte de ta life ! Oui enfin juste après être un mauvais coup. L’animal coriace que je suis, probablement dû à une programmation génétique bancale qui fît de moi une bête à cornes selon l’horoscope solaire et lunaire en même temps, décida d’y aller frontal… Donc un soir de cuite intense amplifiée par quelques excès de drogue – ouais j’étais obligée, pour faire taire la petite voix en moi qui hurlait « naaaaan » dans un ralenti digne du Cinéma tandis que l’autre crevait de faim, je vous le rappelle – j’ai embrassé tendrement puis fougueusement mon pote Basile ! On a baisé comme des dingues. Bon ok, j’me rappelle de pas grand chose, n’essayez pas d’en savoir plus ! Je sais juste que c’était merveilleux…En tout cas dans Second life ou le monde des Polly Pockets.  Vous la sentez la quiche qui demeure en moi ? – Quiche 3 fromages s’il vous plait ! Et pourtant le rat Basile a refusé de remettre le couvert, tandis que je crevais toujours de faim. Imaginez quelqu’un qui n’a pas bouffé depuis des mois, et vous lui filez un tout petit bout de saucisson… et c’est tout ! Vous la sentez arriver l’agressivité qui naît en lui ? Bah c’est ça. Alors j’me suis dit « wesh, le rat, t’es un crevard ou quoi ? Fais croquer ». J’ai tout tenté.

Il n’a plus voulu, et moi famélique inassouvie, j’aurais pu tuer quiconque allait me voler celui qui me donnait ma bouffe. Visualisez l’ironie de la scène. Et comme le disait si bien Flaubert, « L’ironie n’enlève rien au pathétique. Elle l’outre au contraire. »

J’aurais voulu crier famine puis vengeance surtout lorsque  je vis mon petit salopard de mulot renifler d’autres snacks au fromage plus forts en goût apparemment. Je devais inéluctablement me faire une raison, j’étais une marque repère « d’aime-mental ». Adieu amour, eau fraiche, et duo comique… il fallait revenir à la réalité. J’ai repris mon régime, ma place de pote dans cette marmelade aigre-douce, petite flamme bleue toujours incandescente et Céline à l’oreille,  j’ai refusé la patience, la Loi du talion, et les proverbes belges sur les chat(tes) et les souris : c’est le lourd chat qui attrape la souris, avais-je entendu. J’étais lourde certes et en même temps trop affamée comme une anorexique pour manger quoi que ce soit.

J’avais un pote ; j’voulais qu’il « m’aime » ; il voulait pas.

J’ai laissé passer l’hiver. J’ai arrêté les pom’potes. J’ai lu le Chevalier de la Charrette. Au printemps j’avais pris du goût…

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